AVERTISSEMENT :
Les objets et uniformes présentés ici sont des pièces originales et historiques.
Cette exposition ne fait en aucun cas l’apologie d’une idéologie, d’un parti ou d’un régime politique. Nous condamnons très fermement les actes et les convictions du 3ème Reich, qui furent à l’origine de l’un des conflits les plus importants de l’Histoire.
Il nous semblait toutefois impossible d’aborder le sujet des chevaux au cours de la Seconde Guerre mondiale sans évoquer parmi les autres la cavalerie allemande.
En application de l’article 9 du statut du tribunal militaire international, (...), il est ici rappelé que sont interdits, sauf pour les besoins d'un film, d'un spectacle ou d'une exposition comportant une évocation historique, le port et l’exhibition d’uniformes, d'insignes ou d'emblèmes rappelant ceux d'une organisation reconnue coupable de crimes contre l'Humanité.
En visitant cette exposition, vous reconnaissez être informé que vous vous exposez à la vision de tels objets et emblèmes.
Seconde Guerre mondiale :
les chevaux dans la tourmente !

Si l’on connaît bien le rôle du cheval dans les guerres anciennes, des grandes conquêtes de l’Antiquité aux campagnes napoléoniennes, on imagine peu son importance au siècle dernier, lors des deux derniers grands conflits mondiaux. Pourtant, on estime à 11 millions le nombre d’équidés mobilisés au cours de la Grande Guerre.

8.000.000
d’équidés !

Et, loin de la vision “moderne” que l’on a de la Seconde Guerre mondiale, avec ses chars et ses avions, ce n’est pas moins de 8 millions d’équidés (chevaux, ânes et mules) qui prirent part aux combats, parmi lesquels 6.000.000 furent tués.
Bien que l‘évolution tactique amorcée durant la Première Guerre mondiale se soit poursuivie, les unités de cavalerie s‘effaçant peu à peu au profit des divisions blindées, les armées étaient encore largement hippomobiles.
Les cavaleries les plus importantes étaient russe (3,5 millions d‘équidés), et allemande (2,75 millions d’équidés). Les effectifs français s’élevaient à 750.000 équidés environ.
Dans l’artillerie, les chevaux attelés tiraient les canons. Partout, ils aidaient au transport des troupes, à l‘approvisionnement en munitions et au ravitaillement.
Les ânes et les mulets transportaient matériel, munitions, nourriture et même les blessés, dans des bâts spéciaux, les cacolets.
Toutefois, les conditions étaient rudes pour les bêtes comme pour les hommes: l’épuisement, les blessures, le froid, la boue, le manque de nourriture et les maladies contagieuses décimèrent les effectifs.






Les chevaux du D-Day.
Pourquoi parler des chevaux lors des commémorations du D-Day ?
De tout temps, la Normandie a été une terre d’élevage, réputée pour ses chevaux.
En 1944, 70 % de l’armée allemande combattant en Normandie était hippomobile. L’occupant avait réquisitionné tous les équidés valides ; la plupart étaient au service des soldats sur place, mais les meilleurs reproducteurs avaient été envoyés dans des haras en Allemagne.
Lorsque les alliés débarquèrent, ils trouvèrent de nombreux chevaux abandonnés suite au repli des troupes allemandes sous les bombardements. Des parachutistes américains se les approprièrent pour s’épargner de longues et pénibles marches, et gagner ainsi un temps précieux.
C’est ainsi que les photos d’époque nous montrent des G.I. patrouillant à cheval.
Lors de la Bataille de Normandie, encore, les chevaux payèrent un lourd tribut à la folie guerrière des hommes : environ 10.000 équidés périrent dans les bombardements de juin et juillet 1944. Rien que dans la poche de Chambois, près de Falaise, plus de 6 000 chevaux trouvèrent la mort.
Les autres animaux soldats de la Seconde guerre mondiale :
Chameaux et dromadaires :
Comme pour les chevaux, on distingue les chameaux de selle, hauts et fins, et d‘autres de bât ou d'attelage, plus forts et plus lourds. L'allure du méhari est rapide; au pas, il peut parcourir sans forcer 60 km par jour. Le chameau de bât est plus lent, mais il peut porter 200kg, voire plus.
De nombreuses nations ont utilisé les camélidés au cours de la Seconde Guerre mondiale, comme montures pour les unités combattantes de méharistes ou comme moyens de transport.
Pigeons et chiens :
Au milieu du 20e siècle, les armées utilisaient des moyens de transmission modernes : radio, télégraphe, téléphone. Mais quand leur emploi était impossible, ou que les combats avaient détruit les installations, pigeons et chiens reprenaient du service.
Moins vulnérables aux tirs ennemis, plus rapides, plus endurants et capables de franchir des obstacles insurmontables pour des humains, ces animaux possèdent en outre d‘impressionnantes facultés d‘orientation.
Acheminés depuis leur colombier vers la zone de combat, les pigeons étaient lâchés, munis d‘un étui léger contenant un «pigeonnogramme» écrit sur papier fin. Instinctivement, ils rejoignaient leur nid, livrant ainsi le message.
01. Cage de largage originale de l'U.S. Airborne Signal Corps, conçue pour parachuter 8 pigeons.
02. Carnet à message, U.S. Field Message Book M210.
03. Guide du pigeon voyageur de la R.A.F., Pigeon Service Manual, Fac-similé.
04. Etui à message pour pigeon voyageur.
05. Harnais de transport pour pigeon voyageur de l’US Army modèle PG-106/CB.




Au départ, dans les opérations aéroportées, les pigeons étaient transportés par les parachutistes, dans un harnais spécialement conçu à cet effet par une entreprise fabricant des soutiens-gorge.
Une note imprimée sur le tissus précise de ne pas garder le pigeon plus de 6 heures consécutives dans le harnais.
Ensuite, un modèle de cage munie d’un parachute fut développé spécialement .

pour larguer des pigeons depuis les avions afin de fournir aux troupes isolées un moyen de communication.
Le système a également été utilisé pour larguer des milliers de pigeons lors du débarquement de Normandie en juin 1944. Les civils français étaient invités à les renvoyer, porteurs d‘informations détaillées sur les installations allemandes et les mouvements de troupes.
Gustav, matricule NPS.42.31066, était un pigeon de la RAF.
En novembre 1944, il a reçu la médaille Dickin, décernée aux animaux qui ont fait preuve de «bravoure ou de dévouement au service de l'armée ou de la défense civile», pour avoir le premier informé l’Angleterre du débarquement de Normandie.
Le 6 juin 1944, Gustav était, avec 6 autres pigeons de la RAF, à bord d'un Landing Ship Tank. Sur ce navire, comme sur tous ceux de la flotte alliée, le silence radio était de mise.

GUSTAV et PADDY,
les pigeons héros.
Une fois le débarquement commencé, Gustav fut libéré porteur du message suivant : “Nous sommes à 20 miles au large de la côte. Les premières troupes d'assaut ont débarqué à 7 h 50. Les communications indiquent que les tirs ennemis ne gênent pas les opérations. (...) Aucun avion ennemi repéré.”
L’héroïque pigeon a parcouru les 150 miles (240 km) qui le séparaient de son pigeonnier, à Thorney Island, en 5 heures et 16 minutes, tout en faisant face à un vent contraire allant jusqu'à 30 mph (48 km/h).
Le message délivré par Gustav fut le premier concernant le débarquement à atteindre l’archipel britannique.
Plus tard dans la journée, son compatriote Paddy a été le premier à avertir les Anglais du succès du Débarquement.
L'histoire des pigeons messagers de guerre, comme Gustav ou Paddy, a inspiré le film d'animation Vaillant, pigeon de combat !
Les chiens, porteurs d’un tube à message attaché au collier ou de sacoches pouvant contenir des vivres et des munitions, étaient capables de faire la navette entre deux postes fixes.
Certains chiens furent chargés de localiser les blessés sur les champs de bataille et de conduire jusqu’à eux les brancardiers. D’autres servirent d’éclaireurs ou de sentinelles, montant la garde ou accompagnant les patrouilles dans leurs rondes.
Dotés d’une ouïe fine et d’un odorat très développé, les chiens furent des auxiliaires de premier ordre pour les missions de défense et de reconnaissance, surtout la nuit ou par temps de brouillard. Les sens toujours en alerte, ils détectaient et signalaient aussitôt toute présence suspecte.
Certains participèrent également aux opérations de déminage.

Ils s’appelaient Johnny, Bing, Glen et Brian et ils ont sauté sur la Normandie le 06 juin 1944.
Certaines unités aéroportées ont utilisé des chiens parachutistes, entraînés à sauter aux côtés de leurs maîtres. Au sol, ils étaient très utiles pour accompagner les éclaireurs, déjouer les embuscades et repérer les mines.
Chaque chien avait son propre harnais et un parachute à ligne statique qui s'ouvrait automatiquement pendant la descente. Ils étaient entraînés à sauter juste avant ou juste après leur maître.
Rattaché au 13e bataillon de parachutistes, Bing fut parachuté en Normandie le 06 juin 1944, il atterrit dans un arbre et y resta 2 ou 3 heures jusqu'à ce qu'il soit secouru par son maître, Ken Bailey. Blessé à la poitrine et à l'œil par des tirs de mortiers ennemis, il a néanmoins repris son service aussitôt, faisant le guet pour son bataillon, indifférent aux bombardements alentours. Après la guerre, il a été racheté par le ministère de la Guerre et a intégré l'École des chiens de guerre.
Glen, pourtant connu pour aimer les sauts, a reculé le jour J. Terrorisé par les tirs d’artillerie, il a refusé de sauter, obligeant son maître à le pousser dans le vide avant de sauter à sa suite. Après avoir atterri sans encombre, ils furent les victimes d'un bombardement allié, en rejoignant le point de rendez-vous au sol. Ils ont été enterrés ensemble au cimetière militaire de Ranville.
Brian, un berger allemand fut confié au ministère de la guerre par sa maîtresse Betty Fetch, qui l’avait reçu un an plus tôt pour son 18e anniversaire. A cause des pénuries, elle était incapable de le nourrir et avait entendu à la radio que l’armée cherchait des chiens, qui seraient restitués à leurs propriétaires à la fin du conflit.
Brian avait deux ans lorsqu'il rejoignit la section de reconnaissance du 13e bataillon de parachutistes, où il effectua assez de sauts pour gagner ses ailes. À la fin de la guerre, Brian a été démobilisé de l'armée et est retourné vivre avec sa propriétaire. Il a reçu la médaille Dickin. en 1947. Il est décédé en 1955, à l'âge de 13 ans.
Malheureusement, certains de ces chiens de guerre ont été incapables de retourner à la vie civile à la fin du conflit. Traumatisés par ce qu’ils avaient vécus, ils étaient devenus agressifs et leurs propriétaires civils n’ont pas pu les reprendre.

Les chiens russes anti-chars.
Les chiens anti-chars, étaient dressés pour transporter des explosifs sous les chars et les véhicules blindés. Là, ils explosaient, détruisant le char, mais tuant le chien.
Cette technique fut utilisée par l'Union soviétique contre les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale .
Les chiens étaient d'abord entraînés à aller chercher leur nourriture sous des blindés, après avoir été affamés pendant plusieurs jours. Ils apprenaient ainsi rapidement à courir sous le char le plus proche dès qu’ils étaient lâchés.
Ils étaient équipés d’un sac à dos rempli d’explosifs et muni d’un détonateur rudimentaire, simple bâton vertical. Quand les chiens passaient sous le char - la partie la moins blindée du véhicule - la charge explosait. Les mitrailleuses des blindés n'étaient pas assez précises pour des cibles de taille aussi réduite, basses et rapide de surcroit.

La technique rencontra un succès mitigé. Les chiens, qui avaient été entraînés avec des véhicules soviétiques, se trompaient parfois de cible. D'autres étaient effrayés par le bruit et s'enfuyaient.
1790 chiens antichars furent dressés de 1941 à 1942 par l'armée soviétique.
Il semble qu’en 1942, ait eut lieu un incident, impliquant plusieurs de ces chiens. Les animaux, désorientés, partirent en tous sens sur le champ de bataille, forçant au retrait toute une division soviétique et mettant un terme à l’expérience.
histoire des vétérinaires militaires :
Claude Bourgelat fonda à Lyon la première école vétérinaire du Monde en 1762, puis celle d’Alfort 4 ans plus tard.
La fonction de vétérinaire militaire fut instituée en France dès 1769, lorsque chaque régiment reçut l‘ordre d‘envoyer un homme suivre les cours de l’École Royale vétérinaire d’Alfort.
De la fondation des écoles vétérinaires à la Première Guerre mondiale, les vétérinaires militaires consacrèrent l’essentiel de leur temps à la médecine et à la chirurgie du cheval, afin de maintenir opérationnels les effectifs de chevaux nécessaires à la Cavalerie, à l’Artillerie et à la logistique des armées.
Bien évidemment, ils soignaient également les autres espèces engagées dans les différents conflits, ânes et mulets, camélidés, chiens, pigeons, ...
A la fin du 19e siècle, ils devinrent également responsables de l’hygiène des denrées alimentaires et de la gestion du bétail destiné à nourrir les troupes.
Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, les zones de combat s‘éloignant et le recours à des aliments conservés augmentant, ce rôle de biologiste prît de plus en plus d‘importance, au détriment de la médecine des animaux.
Rôles des vétérinaires militaires :
Tout naturellement, quand on parle d’animaux, surtout d’animaux en souffrance, épuisés, malades et blessés, on pense aux vétérinaires qui tentaient de les soigner.
Les rôles des vétérinaires au sein d‘une armée en guerre sont nombreux et variés :
Les soins aux chevaux malades et blessés :
On s’en doute, les soins aux animaux malades et blessés représentaient une bonne part de l’activité des vétérinaires lors des conflits.



Les blessures étaient nombreuses : chutes, plaies liées au harnachement, balles, éclats d’obus, ... mais les maladies l’étaient aussi. Et il fallait à tout prix éviter qu’elles ne se propagent au sein de l’effectif.
Nombre de problèmes étaient dûs à des conditions inadaptées : on demandait parfois aux chevaux de parcourir jusqu’à 100 km par jour, sans jamais les dételer ou les desseller pour pouvoir repartir rapidement en cas d’alerte.
Alors qu’un cheval passe d’ordinaire 14 à 15 heures par jour à manger de l’herbe, ils étaient nourris d’avoine, et n’avaient qu’un ou deux repas par jour. De même n’étaient-ils souvent abreuvés qu’une seule fois par jour. Dans ces circonstances, les coliques étaient fréquentes et parfois dramatiques !

Parmi les maladies contagieuses, les plus répandues étaient la morve et la gale.


06. Cantine d‘ambulance vétérinaire (FR),
(Musée du Cheval Militaire de Fontainebleau).
07. Caisse vétérinaire à pansement (FR),
(Musée du Cheval Militaire de Fontainebleau).
Instaurées en 1847, les caisses étaient conçues pour être transportées à dos de cheval ou de mulet, d'où les chaînes toujours présentes. Chaque corps de troupe à cheval avait des cantines d'ambulance, des caisses d'instruments chirurgicaux et des caisses à pansements, dont la gestion et l’entretien étaient confiés au vétérinaire.




08. Plateau émaillé et instruments de chirurgie.
09. Seringue et trousse à perfusion (DE), utilisé notamment pour les anesthésies.
10. Pansements individuels, antiseptiques (Chloramin, Neosalvarsan), sérums antitétaniques et sérum polyvalent de Leclainché et Vallée.



La morve était l’une des principales maladies contagieuses des équidés. D’abord respiratoire, elle pouvait évoluer vers une forme cutanée très sévère, le farcin, fatal en quelques jours.

Elle fut éradiquée au XXe siècle, grâce à des mesures de dépistage et d’abattage des animaux infectés.

Le diagnostic se faisait par une prise de sang ou par malléination : on injectait de la malléine, un extrait du bacille de la morve, dans la paupière. On pouvait aussi la déposer sur l’oeil à l’aide d’un pinceau.
Si l’animal était porteur de la maladie, on observait dès le lendemain une importante réaction inflammatoire (gonflement de la paupière et conjonctivite).



11. Fioles de malléine et seringue hypodermique (FR).
12. Boite de mallein et pinceaux (DE), (Musée Fragonard de l’EnvA).
13. Ophtalmoscopes pour examiner les yeux (Modèle allemand et modèle américain).
14. Nécessaire à prélèvement sanguin (DE), (Musée Fragonard de l’EnvA).
15. Livret d’infirmerie de cheval, mentionnant les différentes malléinations subies.

La gale est une maladie de peau extrêmement contagieuse, due à des acariens. Les animaux atteints se grattent énormément, jusqu'au sang, et s'épuisent petit à petit. La maladie est d’autant plus grave qu’elle survient sur des animaux épuisés et mal nourris.
La promiscuité et les déplacements favorisent sa propagation, par contact direct entre chevaux ou via le matériel (brosses, harnachement, couvertures, ...) ou les locaux (écuries de passage, wagons de chemin de fer, ...). Les couvertures, tapis de selles, ... étaient désinfectés dans des étuves spécialement conçues à cet effet.
16. Tondeuse à manivelle (USA), utilisée pour tondre les chevaux galeux.

Les chevaux infectés étaient tondus, puis traités par fumigation au dioxyde de soufre dans des chambres de sulfuration gazeuse.
Parmi les autres traitements utilisés avec plus ou moins de succès, on trouve le sulfoliquide, le pétrole et diverses pommades grasses.



17. Etrille, peigne à crinière, tondeuse (FR), brosse en chiendent (DE).
18. Flacons de lotion antiparasitaire, de Sulfoliquid et de Petroleum (DE).
Pour éviter les parasites cutanés (poux, puces et gales), l’hygiène était très importante. Le pansage quotidien était un rituel incontournable.

19. Courier de la Direction des Services Vétérinaires du Nord.
Daté du 20 mars 1941, décrivant les mesures à prendre, sur demande des autorités d’occupation, pour tenter de contenir la gale.
20. Malle de vétérinaire militaire (DE), (Musée Fragonard de l‘EnvA).
21. Masque à gaz pour chevaux, mod. 1938 et lunettes anti-gaz, mod. 41 (DE).
22. Masque à gaz pour chevaux et lunettes anti gaz, mod. 41 (DE).
Les nombreuses protections contre les gaz de combat sont un héritage de la Première Guerre mondiale, et du terrible souvenir laissé par les premières armes chimiques.
Bien qu'elles n'aient pas eu à servir pendant ce conflit, grâce notamment au Protocole de Genève signé en 1925, elles témoignent d'une réelle crainte dans les différents camps en présence.

Réanimation par un vétérinaire allemand et son assistant d‘un cheval ayant subi une attaque chimique, à l’aide d‘un appareil à oxygène. Le cheval porte
des collants de protection anti-gaz, modèle 41 (DE).

L’oxygène était aussi utilisé pour traiter les plaies infectées par certaines bactéries, les anaérobies; dans ce cas, on l’insufflait sous la peau à l’aide d’une aiguille.
On pouvait également inciser largement la peau, pour laisser les tissus à l’air libre.

23. Deux trousses d’instruments de chirurgie et de dentisterie pour chevaux (US).

Contrôle sanitaire de l’alimentation :

Parmi les rôles du vétérinaire au sein de l’armée, figure également la gestion du cheptel destiné à l’alimentation des troupes, ainsi que l’inspection des denrées alimentaires.
Jusque-là, les armées se déplaçaient avec leurs troupeaux, augmenté des réquisitions faites en chemin.
Dans cette guerre, l’extension des lignes de front rendit nécessaire le recours de plus en plus fréquent à des aliments conservés, acheminés parfois de très loin.

Le vétérinaire se fit alors microbiologiste pour s’assurer de la salubrité des aliments et notamment des viandes. En effet, une intoxication alimentaire à l’échelle d’une unité aurait été dramatique pour le combat.





23. Modèle anatomique d‘un pied de vache et d‘un groin de cochon présentant des lésions caractéristiques de fièvre aphteuse.
24. Plaque émaillée bilingue signalant la présence de fièvre aphteuse à l‘entrée d‘une étable.
Très contagieuse, la fièvre aphteuse pouvait se propager au sein des cheptels à toute vitesse, affectant bovins, moutons, chèvres et porcs.
25. Tampons et estampille sanitaire, encre violette spéciale pour le marquage des carcasses après inspection (FR).

26. Trichinoscope et plaques de verre pour la détection des trichines dans la viande de porc (DE).
Les trichines sont des vers parasites du porc et du sanglier. On les retrouve dans la viande et ils peuvent être dangereux pour l‘Homme. Très courants en Allemagne au début du XXe siècle, ils étaient redoutés par les Allemands.

Maréchalerie :
"Pas de pieds, pas de cheval" : l’adage est connu, et tellement vrai !
Les pied du cheval portent tout son poids, et celui de sa charge, et servent à la fois de propulseurs et d‘amortisseurs. La ferrure est primordiale pour le confort et la santé du cheval au travail. Le maréchal-ferrant joue donc un rôle essentiel au sein des unités possédant des chevaux.
Dans chaque unité, l’atelier de maréchalerie est sous la direction du vétérinaire. Celui-ci est responsable de la formation des maréchaux, de la confection et de l’application des fers mais pas de leur entretien, qui est à la charge du Capitaine.
La ferrure fait l’objet d’une revue hebdomadaire, et le maréchal est tenu d’examiner quotidiennement les pieds des animaux.
Les pointures des chevaux et des mulets sont inscrites sur les livrets matricules et d’infirmerie, avec leur signalement. De plus, le maréchal tient un carnet de ferrure où sont consignés les pointures et les travaux effectués sur les pieds des animaux et les indications du vétérinaire concernant les ferrures particulières. Les pointures vont de 27 à 46 (cm).



27. Instruction relative à l‘approvisionnement du service vétérinaire (...).
28. Livret d‘infirmerie de cheval.
Officiellement supprimé en 1891 au profit des livrets “matricules”, force est de constater qu’ils étaient toujours utilisés pendant cette guerre.
29. Fers à matricule et sabot de cheval marqué (FR).
Le cheval réquisitionné recevaitt un numéro de matricule porté au fer rouge sur le sabot antérieur gauche et la marque de son régiment à l’encolure ou sur la fesse droite. Le sabot poussant en continu, il fallait renouveler l’opération très régulièrement.
30. Fers et clé à crampons, poinçon à étampe (DE), (Musée du Cheval Militaire de Fontainebleau).
31. Trousse de maréchalerie (FR).
32. Manuel de maréchalerie à l‘usage des maréchaux-ferrants de l’armée, (FR).
Forge portative (FR), (Musée du Cheval Militaire de Fontainebleau).
Enclume bigorne (FR), (Musée du Cheval Militaire de Fontainebleau).

Utilisées en 14-18, puis en 40-45, et encore en Algérie, elles étaient transportées à dos de mulet.
Le chargement du mulet, fixé sur le bât à l'aide des chaînes était équilibré : à droite, la forge (47 kg) ; à gauche, la bigorne dont le socle creux ct fermé par une petite porte contenait les outils et un seau (48 kg). Au sommet du bât, deux sacs de charbon (24 kg).

Avec le stock d‘avoine, la charge du mulet de forge pouvait atteindre 200 kg.
Contact :
christelberghe@gmail.com
Christel berghe remercie :







NORmannia remercie :







